En bref : Comment se protéger du piratage ? En appliquant huit gestes : un mot de passe unique par compte, un gestionnaire de mots de passe, la double authentification, les mises à jour, un antivirus actif, des sauvegardes régulières, la méfiance face aux messages pressants et la prudence sur les Wi-Fi publics. En cas de fraude bancaire, faites opposition immédiatement.
Comment se protéger du piratage au quotidien ? En verrouillant vos comptes avec des mots de passe uniques et la double authentification, en installant les mises à jour sans attendre et en vous méfiant des messages qui vous pressent d’agir. Ces réflexes simples compliquent sérieusement la tâche des pirates, qui ciblent d’abord les comptes et les appareils les moins protégés.
Chez les particuliers, le piratage passe rarement par une attaque spectaculaire. Le plus souvent, il exploite un mot de passe réutilisé, une faille laissée ouverte faute de mise à jour ou un faux message bien imité. Les 8 gestes ci-dessous reprennent les recommandations de cybermalveillance.gouv.fr, de la CNIL et de l’ANSSI.
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Comment se protéger des pirates informatiques et des hackers ?
Les pirates informatiques passent par trois portes d’entrée : vos identifiants, les failles de vos appareils et votre confiance. Pour les refermer, appliquez ces 8 gestes.
- Utilisez des mots de passe longs et uniques. La CNIL donne l’exemple d’au moins 12 caractères mêlant minuscules, majuscules, chiffres et caractères spéciaux. Chaque compte sensible (banque, messagerie, réseau social) doit avoir son propre mot de passe.
- Confiez-les à un gestionnaire de mots de passe. Ce coffre-fort chiffré retient tous vos mots de passe à votre place : vous n’en mémorisez plus qu’un seul. C’est bien plus sûr qu’un carnet, un fichier texte ou une note sur le téléphone.
- Activez la double authentification. En plus du mot de passe, le service demande un code reçu par SMS, généré par une application ou fourni par une clé de sécurité physique. Un pirate qui a volé votre mot de passe reste alors bloqué.
- Installez les mises à jour dès qu’elles arrivent. Elles corrigent des failles de sécurité que les pirates savent exploiter. Activez les mises à jour automatiques sur l’ordinateur, le téléphone et les applications.
- Gardez un antivirus actif et à jour. Selon cybermalveillance.gouv.fr, un antivirus protège d’une grande majorité d’attaques et de virus connus. Vérifiez de temps en temps qu’il fonctionne bien sur chaque ordinateur.
- Sauvegardez régulièrement vos données. Copiez vos photos et vos documents sur une clé ou un disque externe, puis débranchez-le une fois la sauvegarde terminée. Si un virus chiffre vos fichiers pour réclamer une rançon, vous pourrez les récupérer.
- Méfiez-vous des messages qui vous pressent. Colis bloqué, amende à régler, compte suspendu : l’hameçonnage joue sur l’urgence. Ne cliquez pas sur le lien et vérifiez en passant par le site ou l’application officiels. Signalez les SMS douteux au 33700 et les e-mails sur Signal Spam.
- Restez prudent sur les Wi-Fi publics. N’y consultez pas votre banque et n’y payez pas en ligne. Préférez la connexion 4G ou 5G de votre téléphone, ou un VPN si vous n’avez pas le choix. Chez vous, remplacez le mot de passe d’origine de la box et choisissez le chiffrement WPA2 ou WPA3.
Quelle parade pour quelle menace ?
Ce tableau relie chaque menace courante au geste qui la contre.
| Menace | Ce qu’elle exploite | La parade |
|---|---|---|
| Hameçonnage (phishing) | Votre confiance face à un faux message | Vérifier sur le site officiel, ne jamais donner de code |
| Vol de mot de passe | Un mot de passe faible ou réutilisé | Mot de passe unique et double authentification |
| Faille logicielle | Un appareil qui n’est pas à jour | Mises à jour automatiques |
| Rançongiciel | Des fichiers sans copie de secours | Sauvegarde sur un support débranché |
| Espionnage sur un Wi-Fi public | Une connexion mal sécurisée | Données mobiles ou VPN |
Comment sécuriser son téléphone ?
Votre téléphone concentre vos messages, vos photos, vos comptes et souvent votre banque. Il mérite autant de soin qu’un ordinateur, et il se perd ou se vole bien plus facilement.
- Choisissez un code de verrouillage difficile à deviner et réglez le verrouillage automatique après quelques minutes d’inactivité. L’empreinte digitale ou la reconnaissance faciale viennent en complément.
- Vérifiez dans les réglages que le chiffrement de l’appareil est activé : en cas de vol, vos données restent illisibles.
- Installez vos applications uniquement depuis les magasins officiels. Fuyez les versions « gratuites » d’applications payantes, souvent piégées.
- Contrôlez les autorisations demandées : un jeu de cartes n’a aucune raison d’accéder à vos contacts ou à votre position.
- Désactivez le Wi-Fi, le Bluetooth et le NFC quand vous ne vous en servez pas.
- Notez le numéro IMEI de votre téléphone (il s’affiche en tapant *#06#) : il vous sera demandé en cas de vol.
Activez aussi la fonction de localisation et d’effacement à distance de votre téléphone. En cas de perte, vous pourrez le bloquer, voire effacer son contenu.
Comment se protéger du piratage de sa carte bancaire ?
Les fraudeurs cherchent surtout à obtenir votre numéro de carte et les codes de validation envoyés par votre banque. Votre meilleure défense consiste à ne jamais les communiquer, quel que soit votre interlocuteur.
- Ne transmettez jamais vos données bancaires par message, par téléphone ou par e-mail.
- Ne validez jamais dans votre application bancaire un paiement que vous n’avez pas lancé vous-même, même si un prétendu conseiller vous le demande au téléphone.
- Consultez régulièrement vos comptes pour repérer vite un débit suspect.
- Pour vos achats en ligne, vérifiez l’adresse exacte du site et utilisez, si votre banque le propose, une carte virtuelle.
- Évitez de payer depuis un Wi-Fi public.
Que faire en cas de fraude ?
Si un débit inconnu apparaît, chaque minute compte. Cybermalveillance.gouv.fr recommande d’agir dans cet ordre :
- Faites opposition immédiatement auprès de votre banque ou du serveur interbancaire au 0 892 705 705, joignable 24 h/24 et 7 j/7.
- Contactez votre banque pour demander le remboursement des opérations frauduleuses.
- Signalez la fraude sur Perceval, la plateforme en ligne du ministère de l’Intérieur.
- Déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie, avec toutes les preuves en votre possession.
- Analysez vos appareils avec votre antivirus, faites les mises à jour et changez vos mots de passe.
Comment se protéger du piratage sur Facebook ?
Un compte Facebook piraté sert souvent à escroquer vos proches, par exemple en leur demandant de l’argent en votre nom. Quelques réglages suffisent pourtant à le verrouiller.
- Choisissez un mot de passe que vous n’utilisez nulle part ailleurs.
- Activez la double authentification dans les paramètres de sécurité du compte.
- Activez les alertes de connexion et jetez régulièrement un œil à la liste des appareils connectés.
- Méfiez-vous des messages qui prétendent venir du support de Facebook et vous pressent de vous connecter : c’est une technique classique d’hameçonnage.
- Ne transmettez jamais un code reçu par SMS à un ami qui vous le réclame : son compte est peut-être déjà piraté.
Votre compte a été piraté : que faire ?
Réinitialisez tout de suite votre mot de passe, puis changez-le partout où vous l’utilisiez. Activez la double authentification et déconnectez les sessions que vous ne reconnaissez pas, après en avoir gardé une capture d’écran. Si vous n’avez plus accès au compte, suivez la procédure dédiée aux comptes piratés dans l’aide de Facebook.
Prévenez ensuite vos contacts pour qu’ils ignorent les messages envoyés en votre nom. En cas de chantage ou de tentative d’escroquerie, vous pouvez porter plainte, y compris en ligne sur la plateforme THESEE, et vous faire aider par le service 17Cyber.
Les erreurs à éviter
- Utiliser le même mot de passe pour plusieurs comptes : une seule fuite suffit à tous les ouvrir.
- Repousser indéfiniment les mises à jour « à plus tard ».
- Cliquer sur un lien reçu par SMS pour suivre un colis ou régler une amende.
- Donner un code de validation à quelqu’un qui vous appelle, même s’il se présente comme votre banque.
- Croire qu’un VPN rend invulnérable : il chiffre la connexion, mais ne protège ni de l’hameçonnage ni d’un mot de passe faible.
- Garder le mot de passe d’origine de votre box Internet.
Sources
- Cybermalveillance.gouv.fr : Les 10 mesures essentielles pour votre cybersécurité
- Cybermalveillance.gouv.fr : Fraude à la carte bancaire, que faire ?
- CNIL : Les conseils de la CNIL pour un bon mot de passe
- ANSSI : Recommandations relatives à l’authentification multifacteur et aux mots de passe
Questions fréquentes
Un antivirus suffit-il pour se protéger du piratage ?
Non. Un antivirus à jour bloque une grande majorité des virus connus, mais il ne peut rien si vous donnez vous-même vos identifiants sur un faux site. Il doit être complété par des mots de passe uniques, la double authentification et les mises à jour.
Comment savoir si mon téléphone est piraté ?
Plusieurs signes doivent alerter : une application que vous n’avez pas installée, des messages envoyés à votre insu, une batterie ou une consommation de données qui s’envolent sans raison. Aucun n’est une preuve à lui seul. Dans le doute, faites les mises à jour, supprimez les applications suspectes et changez vos mots de passe depuis un autre appareil.
Qui contacter en cas de piratage ?
Pour être guidé pas à pas, rendez-vous sur cybermalveillance.gouv.fr ou faites appel au service 17Cyber. En cas de fraude bancaire, faites d’abord opposition, puis prévenez votre banque. Vous pouvez ensuite porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie.







